Intro : Tulululululu Tululululululu ! Chers lecteurs, si vous êtes curieux, vous vous rendrez vite compte que cet article n'est pas un article de blog mais bel et bien une manière détournée (même pas subtile) de m'adresser à un individu arrivé par hasard dans le même bled paumé en Corse où je passais une partie de ces dernières vacances d'été. Ne m'en voulez pas, c'est teeeellement plus confortable d'écrire sur une personne au lieu de s'adresser directement à elle. (Même si, évidement, je ne dis pas tout.)
Tout a commencé par une interrogation latente, un mystère irrésolu que je me devais d'élucider :
Tout a commencé par une interrogation latente, un mystère irrésolu que je me devais d'élucider :
- Eh Mathieu, t'arrives à voir derrière ta frange ?
Je ne me souviens plus exactement de la réponse que j'avais reçue, mais elle devait approcher le "Et ta mère ?". Ca a l'air anodin, mais c'était la première fois que j'adressais la parole à Mathieu.
Avant même de connaître son prénom, je l'avais plus ou moins définitivement diagnostiqué comme superficiel et prétentieux. Il faut vous imaginer un gars pas très haut, pas très large, qui remet sans arrêt sa mèche en place d'un mouvement de tête nerveux, qui vous regarde au choix sans expression ou avec un léger mépris sur le visage et qui, bien loin de vous faire l'honneur d'une parole, fait profiter tous les êtres vivant à 500 mètres à la ronde de la musique qu'il écoute à fond sur son portable. Vous l'aurez compris, sans aucun doute quelqu'un que seule mon éducation me retenait de baffer volontiers.
La première impression passée, il a fallu essayer de communiquer, pour le bien-être commun. Nous avons commencé en douceur avec quelques insultes, puis nos rapports se sont intensifiés en même temps que nous nous faisions mutuellement bouffer du sable. Quelques kilos de cailloux dans la gueule plus tard, nous avons finis par nous parler. Il a fallu l'intervention d'une personne bourrée pour signaler à l'un l'intérêt que l'autre pouvait représenter. Bien forcés de vivre l'un à côté de l'autre pour le temps de ce séjour en Corse, je me suis résolue à faire un effort de sociabilité. J'ai sorti le nez des bouquins dans lesquels j'essayais d'enterrer mon ennui, je me suis collé un sourire sympa sur la figure et j'ai même recommencé à prendre des douches. Autant d'efforts que je n'ai pas eu à regretter, car j'ai l'impression de devoir bien plus à Mathieu que quelques insomnies et un dictionnaire des surnoms visqueux. Il m'a tenue éveillée (un peu trop d'ailleurs) tout le long d'un séjour qui s'annonçait pénible et monotone. Et c'est finalement de sa faute si j'ai voulu rester une semaine de plus. Ce n'est peut-être pas ce qu'il aurait voulu, mais j'ai commencé à bien l'aimer. Il y avait quelque chose d'attendrissant dans sa façon de rire en trichant aux cartes, et même un rien de sensibilité dans sa manière de hurler "TA GUEULE". Finalement, après bien des tartines de Nutella, il a baissé sa garde, j'ai stoppé salves ennemies et nous avons pu discuter de la vie, de la météo. L'espace d'un instant, j'ai même pensé qu'il commençait à me faire confiance. (Humour)
Il m'a fallu un peu de temps (disons un peu plus qu'avec une personne normale) pour voir à travers son masque de réfractaire à la société. (Le masque qu'il oublie de garder quand il dort.) Mathieu était certes un individu en certains points désagréable, pas très loquace et parfois agressif. Il était certes obsédé par le rêve de voler et les solos de guitare électrique, mais il avait fait un constat essentiel, la découverte la plus importante après celle de la rotation de la Terre : les gens sont cons. A cette seule révélation, nous nous sommes de suite entendus. Et tout en observant tranquillement la niaiserie autour de nous, il n'a pas fallu beaucoup de temps pour qu'il gagne ma sympathie. Mais Mathieu se révéla être également un petit manipulateur dans l'âme, et ce fut en riant que je l'ai regardé agir. Il parvient sans effort à plaire aux filles, une compagnie qui s'avère au final nécessaire à sa survie. Son côté sale gosse a pour avantage de lui assurer une réserve convenable de groupies toutes dévouées à remplir son téléphone de messages et toutes disposées à subir les tourments qu'il leur inflige. Je ne sais pas s'il s'en rend compte, mais il applique la méthode la plus sûre pour conserver l'attention d'une fille (bien qu'il y en ait d'autres), à savoir : la tourmenter. Pour ça, mesdemoiselles, je vous le laisse.
Et puis, par un beau jour de chaleur caniculaire où la mer sentait les algues, nous nous sommes dit au revoir. Sans prise de judo, sans nous taper dessus, on s'est dit cap de se revoir. Parmi les souvenirs de la Corse, entre les pâtes à la sauce piquante et les cacas de mouette, on emportera des cailloux dans le T-shirt, des cadavres de guêpes, Gorillaz au réveil, du CAFÉÉÉ, des bobos au pied, une énorme morsure sur le bras droit, ou encore un bout de tricot informe... Il y aura aussi Les Betteraves que j'aurai sans doute du mal à écouter comme avant. Et pour finir, tous les sourires en coin, tous les sourires façade, avec au milieu quelques sourires sincères. D'ailleurs je sais qu'en avoir eu un de Mathieu, c'est déjà pas mal.
Avant même de connaître son prénom, je l'avais plus ou moins définitivement diagnostiqué comme superficiel et prétentieux. Il faut vous imaginer un gars pas très haut, pas très large, qui remet sans arrêt sa mèche en place d'un mouvement de tête nerveux, qui vous regarde au choix sans expression ou avec un léger mépris sur le visage et qui, bien loin de vous faire l'honneur d'une parole, fait profiter tous les êtres vivant à 500 mètres à la ronde de la musique qu'il écoute à fond sur son portable. Vous l'aurez compris, sans aucun doute quelqu'un que seule mon éducation me retenait de baffer volontiers.
La première impression passée, il a fallu essayer de communiquer, pour le bien-être commun. Nous avons commencé en douceur avec quelques insultes, puis nos rapports se sont intensifiés en même temps que nous nous faisions mutuellement bouffer du sable. Quelques kilos de cailloux dans la gueule plus tard, nous avons finis par nous parler. Il a fallu l'intervention d'une personne bourrée pour signaler à l'un l'intérêt que l'autre pouvait représenter. Bien forcés de vivre l'un à côté de l'autre pour le temps de ce séjour en Corse, je me suis résolue à faire un effort de sociabilité. J'ai sorti le nez des bouquins dans lesquels j'essayais d'enterrer mon ennui, je me suis collé un sourire sympa sur la figure et j'ai même recommencé à prendre des douches. Autant d'efforts que je n'ai pas eu à regretter, car j'ai l'impression de devoir bien plus à Mathieu que quelques insomnies et un dictionnaire des surnoms visqueux. Il m'a tenue éveillée (un peu trop d'ailleurs) tout le long d'un séjour qui s'annonçait pénible et monotone. Et c'est finalement de sa faute si j'ai voulu rester une semaine de plus. Ce n'est peut-être pas ce qu'il aurait voulu, mais j'ai commencé à bien l'aimer. Il y avait quelque chose d'attendrissant dans sa façon de rire en trichant aux cartes, et même un rien de sensibilité dans sa manière de hurler "TA GUEULE". Finalement, après bien des tartines de Nutella, il a baissé sa garde, j'ai stoppé salves ennemies et nous avons pu discuter de la vie, de la météo. L'espace d'un instant, j'ai même pensé qu'il commençait à me faire confiance. (Humour)
Il m'a fallu un peu de temps (disons un peu plus qu'avec une personne normale) pour voir à travers son masque de réfractaire à la société. (Le masque qu'il oublie de garder quand il dort.) Mathieu était certes un individu en certains points désagréable, pas très loquace et parfois agressif. Il était certes obsédé par le rêve de voler et les solos de guitare électrique, mais il avait fait un constat essentiel, la découverte la plus importante après celle de la rotation de la Terre : les gens sont cons. A cette seule révélation, nous nous sommes de suite entendus. Et tout en observant tranquillement la niaiserie autour de nous, il n'a pas fallu beaucoup de temps pour qu'il gagne ma sympathie. Mais Mathieu se révéla être également un petit manipulateur dans l'âme, et ce fut en riant que je l'ai regardé agir. Il parvient sans effort à plaire aux filles, une compagnie qui s'avère au final nécessaire à sa survie. Son côté sale gosse a pour avantage de lui assurer une réserve convenable de groupies toutes dévouées à remplir son téléphone de messages et toutes disposées à subir les tourments qu'il leur inflige. Je ne sais pas s'il s'en rend compte, mais il applique la méthode la plus sûre pour conserver l'attention d'une fille (bien qu'il y en ait d'autres), à savoir : la tourmenter. Pour ça, mesdemoiselles, je vous le laisse.
Et puis, par un beau jour de chaleur caniculaire où la mer sentait les algues, nous nous sommes dit au revoir. Sans prise de judo, sans nous taper dessus, on s'est dit cap de se revoir. Parmi les souvenirs de la Corse, entre les pâtes à la sauce piquante et les cacas de mouette, on emportera des cailloux dans le T-shirt, des cadavres de guêpes, Gorillaz au réveil, du CAFÉÉÉ, des bobos au pied, une énorme morsure sur le bras droit, ou encore un bout de tricot informe... Il y aura aussi Les Betteraves que j'aurai sans doute du mal à écouter comme avant. Et pour finir, tous les sourires en coin, tous les sourires façade, avec au milieu quelques sourires sincères. D'ailleurs je sais qu'en avoir eu un de Mathieu, c'est déjà pas mal.
Mais regardez cette face de brochet dépressif !
